PACO EL LOBO
France-Inter « Sous les Etoiles Exactement » : Serge Levaillant consacre 1h à Paco el Lobo et son invité Andres Izurieta – En écoute sur le site de l’émission
La série de concerts au Kiron Espace s’est terminée en beauté devant un salle pleine à craquer.
Prochaines dates 16 mars à Montluçon, 24 mars à Caen, 23 et 24 mai à Nogent/Marne
Ce qui frappe d’emblée chez Paco El Lobo, c’est une virtuosité instrumentale étourdissante qui lui permet tous les rythmes, toutes les couleurs. C’est aussi une voix irréelle, comme surgie de la mémoire collective du flamenco. Elève de Pepe de la Matrona, Rafael Romero ou Juan Varea (autant dire des légendes du flamenco), il s’impose comme leur digne héritier, doté d’une connaissance phénoménale de cette musique aux richesses infinies.
On dit de PACO EL LOBO qu’il est l’un des rares véritables héritiers de la grande tradition flamenca. Capable d’interpréter avec une parfaite maîtrise les quelque 60 styles de flamenco recensés, il est le seul musicien actuel – espagnol ou non – à proposer en concert un tel panorama stylistique ! Et cette affirmation n’est nullement exagérée. Dès l’âge de 8 ans, il découvre PEPE DE LA MATRONA et tous les grands maîtres du flamenco. Coup de foudre instantané ! Il reçoit alors sa première guitare à l’âge de 13 ans. Le voilà peu après à Madrid, où il fréquente les fêtes et les tablaos, où il fait la connaissance de vieux chanteurs, les légendes de la calle Nuñez de Arce ou de la Plaza de Santa Ana à Madrid, avec le rêve fou de devenir cantaor. Initié au cante jondo par les maîtres PEPE DE LA MATRONA, RAFAEL ROMERO, JUAN VAREA ou PACO DE LUCÍA, il se spécialise également dans le chant pour la danse – passage obligé pour compléter sa formation – ce qui lui apporte une grande maîtrise du compás et des palmas. Il fréquente depuis son adolescence les CAMARÓN DE LA ISLA, PACO DE LUCÍA, ENRIQUE MORENTE et autre MORAÍTO CHICO. Il parcourt le monde pour défendre une musique qu’il maîtrise comme peu et qu’il propose sous ses visages les plus variés. Très sollicité en récital solo, il a également créé plusieurs groupes au sein desquels il réunit des musiciens et des danseurs. Il entretient des rapports privilégiés avec la danseuse-chorégraphe VERONICA VALLECILLO, avec laquelle il se produit notamment aux Hivernales d’Avignon et à La Maroquinerie à Paris. Sur l’invitation de l’Ambassade d’Espagne, ils ont donné un spectacle flamenco sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris.
PACO EL LOBO est également invité par différentes formations fameuses, auxquelles il s’associe tout en respectant les traditions flamencas et explorant des voies nouvelles. Il intègre ainsi le groupe Gitans de THIERRY ROBIN avec lequel il enregistre son premier album en 1993. Avec ce groupe, il effectue de multiples tournées. Citons aussi le projet de musique arabo-andalouse avec MARC LOOPUYT, Suspiro del moro, qui fait également l’objet d’un enregistrement, avec des tournées en Tunisie, en France ou au Maroc. Sans compter les sollicitations de groupes de guitaristes flamencos tels que ceux de VICENTE PRADAL (1975), BERNARDO SANDOVAL (1982) ou PASCAL GALLO (1999), avec qui il joue à Rio de Janeiro en 2002. Des artistes « étrangers » au flamenco l’invitent à ajouter ses couleurs et ses rythmes dans leurs spectacles : PACO EL LOBO s’est ainsi produit avec SAPHO, IDIR, SAN SEVERINO, LA COMPAGNIE DE BERNARD LUBAT, MARC PERRONE, ANDRE MINVIELLE ou MINO CINELU. En 2008, JÉRÔME SAVARY le convie à participer au spectacle Don Quichotte contre l’ange bleu, donné d’abord au Théâtre de Paris puis faisant l’objet d’une tournée en Espagne. Soucieux de transmettre à son tour son art, comme professeur et musicien, Paco el Lobo donne des stages de chant et de guitare avec, entre autres, ISRAEL GALVÁN, JOAQUÍN GRILO et BELEN MAYA.
À propos de son dernier album en date, ’MI CAMINO FLAMENCO’ (CD BUDA 3018063, distribution France : Universal - mai 2010) :
« …la limpidité du chant, qui confine souvent à l’épure, et qui ne doit rien à personne sinon à l’humilité du cantaor dont la voix n’est plus que le support sonore de l’essence musicale de chaque forme… Des années de travail pour passer le flux sonore par l’alambic, et en filtrer et peser minutieusement chaque cristal de limpidité. Le résultat est une immédiate évidence, dont on sait que l’apparente simplicité doit au patient effort, et au renoncement à quelques artifices plus immédiatement séduisants.… Nous devons à Jérôme Musiani une prise de son et un mixage exemplairement respectueux du propos de Paco el Lobo… Un disque rare, qu’il faut savoir mériter. Mais apprivoiser le cante, pour ses auditeurs comme pour ses interprètes, ne va pas sans une longue patience. » Claude Worms, Flamencoweb.fr, 29 août 2010
« Paco El Lobo a une connaissance approfondie du chant et de ses facettes. Treize titres, treize ambiances, treize couleurs, treize palos. Cette invitation au voyage au cœur du flamenco va des contrées les plus sombres, les plus prenantes du chant, telles la siguiriya, la saeta, aux chants réputés plus légers tels le fandango ou la buleria. Il chante la tragédie de l’amour perdu, de l’amour torturé, plus rarement de l’amour heureux. La vie est dure pour les Gitans. Même la joie est indissociable de la peine, du déchirement et de la mort. Le disque se termine sur un pied de nez. L’ultime morceau est une rumba, dont l’origine cubaine est clairement identifiable, joyeuse, allègre et bien balancée. Mais en lisant le titre du morceau et écoutant de plus près les paroles, il s’agit d’un chant sur la prison. Le titre n’est pas équivoque : carcel, c’est la geôle. Il résume à lui seul toute la dualité du flamenco. A l’image de la vie, tout est intimement lié, mort, souffrance, naissance, amour et trahison. Rires et larmes. « Mi camino flamenco » est un instant parfait du flamenco en mouvement. » Antonia Fudez Mediapart, 19 juin 2010
« Partout, à sa place, sa juste place, de Jerez à Séville, il a su se faire aimer. Outre la déclinaison des formes fondamentales, la photogénie de l’artiste, l’album comporte les paroles et les styles en trois langues. Initiation, interprétation, pédagogie douce. Plus la voix chaude du cantaor le plus original de l’Ile-de-France. Tout de sa générosité, de son sens du drame et de l’humain, éclate, chant par chant. Les douze étapes du chemin de Paco El Lobo conservent l’émotion de la rue et la vérité des fêtes secrètes. Un exploit, en studio. » Francis Marmande, Le Monde 30 mai 2010

