Lo Cor de la Plana
Posted on novembre 17, 2007 - Filed Under Non classé |
The most striking group at Globalfest 2008 {Jan 13} was the one that traveled lightest: Lo Còr de la Plana, from Marseilles, France… with just voices and percussion, they did remarkable things. They sang rich choral harmonies and joyfully ricocheting counterpoint. There were drones and dissonances akin to Eastern European music, sustained solo vocal lines related to Arabic music and Gregorian chant, and percussive call-and-response hinting at Africa — all the connections of a Mediterranean hub. The music was equally robust and intricate, a local sound ready for export. The New York Times
Le groupe le plus remarquable du Globalfest 2008 {13 janvier} fut aussi celui qui voyageait le plus léger : Lo Còr de la Plana, de Marseille, France… Avec juste leurs voix et percussions, ils ont fait des choses extraordinaires. Ils ont chanté de riches harmonies chorales avec en contrepoint de joyeux ricochets. Bourdons et dissonances rappelant la musique d’Europe de l’Est, solos vocaux soutenus cousins de la musique arabe et du chant grégorien, responsoriels percussifs évoquant l’Afrique : il y avait là toutes les connexions de l’axe méditerranéen. Une musique corsée et très élaborée, un son régional prêt pour l’export. N.Y. Times
CD «Tant deman»
chants à danser CD 3017530, Buda Musique, distribution France : Universal
Manu Théron, Sebastien Spessa, Denis Sampieri, Benjamin Novarino Giana, Rodin Kaufmann, Manu Barthélémy
Manuel Barthélemy, seconde, bendir et tamburello : Vient du reggae, participe activement à la vie associative du quartier, passionné de collectage.
Rodin Kaufmann, tierce, seconde, pieds et mains : Il anime des ateliers de chant ; passionné de collectage.
Benjamin Novarino Giana, tierce, seconde, pieds et mains : Vient de Nice où il chantait dans des formations vocales trad (Paroplapi) ou ragga (Nux Vomica)
Denis Sampieri, seconde, basse, bendir : Guitariste de formation, évolue entre reggae et musique occitane. Il met au service du Còr ses talents d’arrangeur.
Sébastien Spessa, basse, basse rythmique, bendir: Guitariste de formation, il anime des ateliers de chant.
Manu Théron, tierce, seconde, bendir : Co-fondateur de Gacha Empega et du Còr de la Plana, il anime des ateliers de chœur pour promouvoir les cultures d’Òc.
Voices, bendirs, tambourines, hand-clapping and foot-stomping: this is all it takes these six singers and percussionists to set the house on fire with their knock-out performances of Occitan dance songs. Their influences range from dub and hip-hop to Provence wedding songs and Italian pizzicata, not to mention the hypnotic rhythms of the Maghreb. Along the lines of such bands as Massilia Sound System, they represent Marseille’s modern, urban music scene and its intoxicating frenzy.
“Their intricate, overlapping harmonies form roaming Occitan labyrinths with a humourous trail laid down for the adventurous listener to follow. Lo Còr de la Plana almost use their music as an opportunity to challenge any misconceptions about the revival of ancient cultures and tradition. Their mission is to capture a feeling, i.e. the ridiculousness of their idiosyncratic, everyday life experience, even if it means stirring up those who would like to see these musical forms die out in chapels. The approach of Lo Còr de la Plana is complete : from their involvement with the community to their satyrical CD artwork. They are not just a band, they are a philosophy.“ Andy Kershaw, Folk Roots

Lo Còr de la Plana (prononcez «lou couar dé la plane») est un choeur d’hommes du quartier de la Plaine à Marseille co-fondé en 2001 par Manu Théron (Gacha Empega etc) Six chanteurs trépidants accompagnés de percussions (bendirs et tamburello), «picaments» de pieds et «bataments» de mains. La formation s’adonne à la re-création systématique du patrimoine populaire occitan. Chantant avec une fièvre inégalée tous les répertoires, du plus religieux au plus débridé, du plus répétitif au plus occasionnel (et cela, bien souvent, en même temps !), lo Còr a cette volonté nouvelle et définitive d’en finir avec le chant «traditionnel», d’en découdre avec la musique vocale et la polyphonie, quitte à réveiller ceux qui rêvaient de voir mourir ces dernières dans leurs chapelles… De fait, nos chanteurs sont partout : dans les églises, les usines, les bars, les festivals ou les théâtres, n’hésitant pas à mêler au paganisme déroutant du vieux fonds occitan les préoccupations des musiciens marseillais d’aujourd’hui. Ils ne renient alors aucune influence, de Bartok au Massilia Sound System, aucune provenance, d’Oran au Rove proche, n’ayant d’autre prétention que de faire détoner, résonner et déraisonner dans leur musique tout ce que leur ville et le monde alentour leur donnent à entendre. Une sirène de police, un nouveau-né, les restes d’un paradis ou d’un fantasme de paradis, une fête trop arrosée, des moutons, des loups, bref, la fureur paisible et enivrante du quotidien!…
photo©Salah Benacer
Avec “Tant Deman” (en français : “Peut-être Demain”), Lo Còr de la Plana s’aventure sur des territoires musicaux très contrastés évoquant toutes les formes de danses de transe qui les font vibrer et témoignant de la mutation de ce groupe de polyphonistes occitans en interprètes déjantés du Marseille d’aujourd’hui, hyper-urbain, bigarré, polymorphe et sans complexe. Les références à des atmosphères apparemment disparates (le hip-hop West Coast et les chants de noces du Haut-Languedoc), l’attachement à des moyens musicaux rudimentaires (voix, tambours sur cadre et percus corporelles), et un travail d’écriture original, orienté vers la fête et la légèreté, voilà quelques-unes des facettes les plus caractéristiques de ce nouvel opus. Voix traitées de façon très rythmique, peu de mélodies racoleuses, pas de concession non plus aux formes et aux rythmes convenus des musiques de consommation de masse : Lo Còr de la Plana revendique cet aspect artisanal en s’inspirant des chants à danser du vieux fonds occitan, qui procèdent de répétitions, d’accumulation ou de décompte, et où la fantaisie de l’interprète est irréductible à une forme musicale. Ce côté aléatoire est l’une des données qui ont été intégrées aux compositions de “Tant Deman” et qui leur donne leur côté humain et chaleureux. Les arrangements vocaux passent insensiblement de l’ostinato entêtant des farandoles à des jeux de décalages textuels ou mélodiques ; ils émaillent les chansons d’interjections, de cris et d’onomatopées qui deviennent pour le groupe une marque de fabrique. La présence des percussions sur dix des douze titres de l’album confirme le virage opéré par Lo Còr de la Plana et imprime au disque l’allure vive et hypnotique qui saisit lors de leurs concerts. Les bendirs graves et profonds enrobent les voix, en exhalent les timbres par des jeux de contraste, les tamburelli ponctuent les chants de leur pulsation métallique effrénée, qui fait autant référence à la pizzica d’Italie méridionale qu’au dub ou à la musique répétitive. Le chœur de la Saoura et Luigi Rignanese, invités sur plusieurs titres, accentuent les références aux musiques du Maghreb et de Méditerranée. Les pieds et les mains, eux, sont là pour rappeler l’urgence et l’aspect dérisoire des moyens mis en œuvre ; ils scandent, ils soutiennent, ils ancrent le chant dans leur simplicité. Cette économie de moyens crée une cohérence dans le son et permet d’incorporer sans les dissoudre toutes les influences que les chanteurs invoquent. Elle donne ainsi à l’album une tonalité tranquillement joyeuse, présente aussi dans les textes. Ceux-ci rejoignent dans l’esprit ce que sont les textes de chant à danser du monde entier : des prétextes à la moquerie, des prises à partie ironiques, des jeux de langues et de regards destinés à faire tournoyer, se rencontrer ou s’affronter les participants. Pas moralistes pour un sou, même quand ils s’emploient à conseiller ou à avertir, ils s’adressent explicitement à tous, et leur humour décalé permet de ne sombrer ni dans l’épicurisme des désespérés, ni dans le cynisme méprisant, ni dans un nombrilisme souffreteux. Réalisé par Manu Théron et Denis Sampieri, “Tant Deman” a été enregistré par Clovis Dehennin, Lucien Massucco, Gérald Kuentz et Pascal Jullien. Le livret et le graphisme sont l’œuvre de Thierry Lagalla et Rodin Kaufmann. Il est coproduit par la compagnie du Lamparo et Buda Musique.